–avant une heure vous serez mort, fusille comme traitre et bandit, s’ecria melchior

Don Adolfo haussa les epaules avec dedain. –Il est evident, observa don Diego, que cet homme sera fusille, mais c’est au president seul qu’il appartient de statuer sur son sort, il se pretend Francais.

–Ah, ca! Mais tous ces demons appartiennent donc a cette nation maudite? s’ecria don Melchior tout deconcerte. –Ma foi, je ne saurais trop vous dire; pour ce qui est de cet homme, comme c’est un rude compagnon et que peut-etre vous seriez assez embarrasse de lui, je l’expedierai au president avec une escorte particuliere. –Non pas, non pas, si vous voulez m’etre agreable je tiens a l’emmener au contraire; soyez tranquille, je prendrai des precautions telles que tout fin qu’il soit il ne m’echappera pas, seulement il est bon de le desarmer. L’aventurier remit silencieusement ses armes a don Diego.

En ce moment, un valet parut et annonca que ce site l’escorte attendait dans la rue. –C’est bien, dit Melchior, en route. Le domestique donna une machette, une paire de pistolets et un zarape a son maitre et lui boucla les eperons.

–Maintenant nous pouvons partir, dit don Melchior. –Allons, fit don Diego, senor don Adolfo ou quelque soit votre nom, veuillez, passer le premier. L’aventurier obeit sans repondre. Vingt-cinq ou trente soldats vetus un peu de costumes de fantaisie, la plupart en lambeaux et ressemblant bien plutot a des bandits qu’a d’honnetes militaires, attendaient dans la rue. Ces soldats etaient tous bien montes et bien armes. Au milieu d’eux le comte de la Saulay et ses deux domestiques etaient etroitement surveilles; un sourire de joie eclaira le visage de don Melchior a la vue du gentilhomme; celui-ci ne daigna pas paraitre s’apercevoir de sa presence. Un cheval etait prepare pour don Adolfo; sur un signe de don Diego, il se mit en selle et alla de lui-meme se placer a la droite du comte avec lequel il echangea un serrement demain.

Don Melchior se mit en selle. –Maintenant, mon ami, fit don Diego, bon voyage. Je m’en retourne au gouvernement. –Adieu donc! fit Melchior, et l’escorte se mit en marche. Il etait environ deux heures de l’apres-midi, la plus grande chaleur du jour etait passee, les boutiques commencaient a se rouvrir, et les marchands places sur le seuil de leurs portes regardaient en baillant passer les soldats. Don Melchior s’avancait a quelques pas en avant de sa troupe; son maintien etait froid et compasse, il faisait de vains efforts pour contenir la joie qu’il eprouvait de sentir enfin entre ses mains ses implacables ennemis. On etait sorti de la ville depuis longtemps deja; le lieutenant qui commandait l’escorte s’approcha de don Melchior. –Nos gens sont fatigues, lui dit-il, il serait temps de songer a camper pour la nuit. –Campons, je le veux bien, repondit celui-ci, pourvu que ce soit dans un endroit sur. –Je connais a quelques pas d’ici, reprit le lieutenant, un rancho abandonne, ou nous serons fort bien. –Allons y donc alors. Le lieutenant prit la direction de la troupe et les soldats ne tarderent pas a s’engager dans un sentier a peine trace a travers un bois fort touffu.

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