Aurait-il honte de ne pas reussir la ou triomphe la betise supreme des lieutenants et des

. . Le depit s’en offrirait bizarre a etudier sur soi. Et Paul Doriaste repasse devant elle.

Un autre regard le trouble encore. Une bestiale envie d’etreindre le surexcite. . . Il se decide. La paleur lui resserre la peau, son coeur bat; mais comme il s’estime brave de l’effort qui l’amene pres elle! Il s’assied; et, bien qu’elle feigne une complete indifference, il espere. Elle demeure toujours immobile, comme malicieuse dans sa pose enigmatique. Elle pense,–devine-t-il: S’il se montre impertinent je le remettrai a sa place; et s’il n’ose pas c’est un sot. Ce le tracasse fort de comprendre cette pensee. Il remarque les dessins de la broderie qu’elle acheve: une fleur, une etoile, une rosace dans un cercle, et puis une fleur, une etoile. .

. ; ca recommence ainsi indefiniment.

Un bout de jupon frais qui depasse la robe laisse evoquer le linge de dessous et le corps. Oh! si ce ce site teint se retrouve sur la poitrine autour des pointes roses, et entrevu par les vides de la guipure!. . . Et l’odeur chaude qui emanera, nourrissante presque. Son minuscule soulier vernis tout plat semble ne rien contenir jusque la bouffette de rubans qui lace. Par-dessus se courbe un renflement gras, lineaire dans un bas uni et violatre. Et les lois conventionnelles qui entravent la sincere et brusque manifestation de l’amour?. . . Quels imbeciles prejuges!. . . Une balle crasseuse roule vers la chaise de Doriaste. Apparait le proprietaire: un baby, un gnome bouffi, chancelant, have, chevelu de jaune clair, et qui fixe le chroniqueur de ses gros yeux lactescents. Doriaste ramasse le jouet, car la voisine, tout de suite, a coule l’oeil vers l’enfant. Lui le caresse et lui parle, sur que l’instinct de maternite la tiendra forcement attentive a leur mimique et a leurs dires. Il tarabuste l’enfant lourd, ballonne d’etoffe blanche, et dont la laideur l’irrite. Il lui serine des inepties que le petit repete en begayant et bavant.

Tout a coup le mioche de pleurer a sanglots. –« Monsieur, prie-t-elle, mais laissez-le donc;. . . viens, va! mon petit garcon.  » Elle a chante, cette voix, sur une inflexion parisienne imperieuse, donnant la sensation d’avoir ete percue lors de querelles. Et, cependant qu’il conduit a la dame le pleurnicheur, il ne trouve rien de spirituel a enoncer, tant l’absorbe la desillusion de son ouie. Au hasard, il lache, avec un espoir de pitoyante reponse:–« Madame, vous aurez sans doute plus de chance que moi! je fais pleurer tous ceux que je veux aimer. . .  » Elle sourit, moqueuse. C’est une grue, juge Doriaste.

Le subit interet pris a ses paroles denonce l’envie de se livrer; et la facon rapide dont elle l’exprime decele que cette envie lui est coutumiere. Il s’enhardit avec, deja, la prevision d’un souper, d’une baignoire de petit theatre. Justement il garde en poche les vingt louis de ses derniers articles. Et, tout en calculant la depense probable de cette fredaine, il conte a la jeune femme l’histoire d’une maitresse suicidee, bien convaincu qu’elle n’y veut croire, mais pensant la flatter par la peine qu’il se donne.

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