Alors, une vieille femme cria: –miracle! au moment ou le saint tombait, son bras s’est abaisse,

. . Je l’ai vu! –Miracle! cria la foule. Et de la moitie du manteau de saint Martin, les riches de la commune se firent des reliques, qui, portees en scapulaire, ont la vertu de tenir chaud, ce qui economise les vetements d’hiver.

Quand Maurin apprit cela: –Et dire, s’ecria-t-il, que c’est a moi qu’ils le doivent, et qu’ils n’ont pas fait dechirer leur proces-verbal! Le soir du jour ou se produisit le miracle, quand le commis-voyageur bien pensant se presenta, a l’heure du diner, chez l’aubergiste Jouve, il trouva sa valise et ses caisses d’echantillons sur le trottoir. Sur le seuil, l’aubergiste qui l’attendait, lui dit d’un ton severe: –Je n’aime pas les traitres. Je n’en recois pas chez moi. Allez vous faire nourrir ailleurs. –Mais il n’y a plus de courrier jusqu’a demain, et.

. . –Eh bien! dormez dans la rue. Et Jouve lui ferma la porte au nez. CHAPITRE XXXI Comme quoi Maurin et Parlo-Soulet doivent etre compares, par les gens drive-master.com qui s’y connaissent, aux plus grandes figures de l’histoire et de la legende, et ou l’on se convaincra que M.

Cabissol a penetre tous les dessous de l’ame populaire, en lui entendant raconter _Le Bon conseil de maitre Magaud_, histoire a laquelle Maurin riposta par une autre non moins amusante: _La Chasse aux canards_. Maurin avait tort d’accuser d’ingratitude les Plantouriens. Le maire du Plan-de-la-Tour etait un esprit juste. Il parvint a calmer l’opinion publique, parce que, sans le dire trop haut, il trouvait assez raisonnable l’action de Maurin. Il temporisa, fit le severe a haute voix, jura au garde qu’il saurait le faire respecter, assura a son adjoint que s’il s’etait revetu de ses insignes, Maurin se fut montre plus respectueux. Il redigea de gros rapports menacants, mais declara qu’il les garderait pour les relire et les rendre plus terribles. Et finalement le Plan-de-la-Tour, aujourd’hui, pense avec une gaite spirituelle a cette memorable matinee ou deux paiens qu’il approuve, contraignirent saint Martin a se separer enfin d’une moitie de son manteau. Huit jours apres l’aventure, on ne songeait plus a chatier le coupable. L’histoire etait devenue simple matiere a plaisanterie.

Les plus devots en riaient a pleine gorge. Ils taquinaient la-dessus le cure et le bedeau jusqu’a les emmalicer; et quant au garde champetre, il en conserva le surnom pittoresque de _Cuou l’embaro_, qui signifiait que son derriere trop lourd l’entrainait jusqu’a le faire choir sans autre cause. Les gamins du village l’appelaient ainsi du plus loin, en sorte que de ce _Cuou l’embaro_ sortit plus d’un _prouce-barbaou_, mot qui, en langue d’amour ou langue provencale, signifie proces-verbal.

L’histoire de la culotte de saint Martin devint celebre en moins de deux jours d’un bout a l’autre du massif des Maures, car la diligence de Cogolin l’avait emportee le lendemain toute chaude a Draguignan. Les gens de Figanieres s’en etaient regales des le surlendemain, et, a Bormes, M. Cabissol disait a M. Rinal: –Notre Maurin, cette fois, a depasse Napoleon.

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