Allons, laisse-moi passer! il saisit sa fiancee par le bras, l’ecarta violemment et commit la faute

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–Si tu fais cela, alors, cria-t-elle, alors prends-y garde! j’aimerai mieux peut-etre bandit comme lui, que gendarme comme toi! Et elle s’engagea, a la suite du gendarme, entre le mur et la table, en criant: –Profite, Maurin, profite! Laissez-le echapper, mon pere! Elle se cramponna des deux mains aux deux bras du gendarme dont elle paralysait les mouvements.

Maurin, mettant une main sur la table, bondit par-dessus sans l’effleurer des pieds, et prit la porte qui se referma a grand bruit. –Je l’aurai! cria Alessandri. Laisse-moi, laisse-moi, Tonia! je te dis de me laisser. Elle le retint encore. Il dut, la trainant apres lui, faire le tour de la table. Quand il parvint a la porte, il essaya vainement de l’ouvrir.

Maurin, du dehors, l’avait fermee a double tour, et la serrure etait enorme comme une serrure de prison. –Mais il y a une autre porte! dit-il. Et il se precipita vers la cuisine. . . A peine dehors, Maurin s’etait trouve nez a nez avec Pastoure, attentif a la querelle non loin du seuil et pret a lui porter secours. Le fidele Pastoure s’etait informe de Maurin a la cantine du Don ou il etait venu le rejoindre. Au moment ou il avait vu Maurin fermer a double tour la porte de la maison forestiere, Pastoure s’etait dit tout haut: « Completons la farce! » Et il s’etait rue vers la seconde porte, celle de la cuisine, qui donnait sur le derriere de la maison.

Il l’avait fermee aussi et il avait, de plus, arc-boute, contre les deux portes, deux enormes madriers qui trainaient par la.

. . A present, Pastoure et Maurin devalaient les sentiers, tandis que, furieux, le gendarme Alessandri, enferme dans la maison forestiere, et las d’avoir battu les portes, presentait sa figure irritee a travers les barreaux de fer des fenetres en appelant a l’aide. –Les gens de la cantine, lui disait tranquillement Orsini, ne seront pas ici avant vingt minutes, s’ils viennent tout de suite.

. . Et il est bien possible qu’ils veuillent laisser a Maurin le temps de faire un peu de route.

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. mais, meme si on vient vous ouvrir tout de suite, Maurin a deja trop d’avance sur vous. Il est sauve, pour cette fois. . . Eh bien, tant mieux, il ne sera pas dit qu’on l’a arrete chez nous, au lieu de le recompenser du service qu’il m’a rendu. .

. Ce qui est sauve avec lui,–crois-moi, Alessandri, ma fille a raison, c’est l’honneur des Corses! Et Maurin a dit vrai: en emprisonnant Napoleon, les Anglais se sont pour toujours deshonores! Comme l’avait prevu Orsini, les gens de la cantine, mis au courant en quatre mots par le brave Pastoure, donnerent a Maurin le temps de gagner au large,–avant d’aller delivrer le gendarme auquel on n’epargna ni lazzis ni quolibets. –Eh! Eh! mon bon, disait un vieux bucheron au pauvre Sandri qui grincait derriere les barreaux de la fenetre, eh! eh! Maurin des Maures est un gibier facile a manquer. . . Tu n’es pas assez degage, gendarme!. . . Il y a des perdreaux qui, de remise en remise, arrivent vivants a la fermeture de la chasse.

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