–ainsi, dit cuellar, vous demandez une capitulation? –vous vous trompez, senor, repondit froidement le comte, nous

–Vous nous l’offrez? fit avec etonnement le guerillero. –Oui, parce que nous sommes maitres de votre vie.

–Permettez, fit Cuellar, ceci est specieux, car en nous faisant sauter, vous sautez avec nous. –Pardieu! C’est bien ainsi que nous l’entendons. Cuellar reflechit encore. –Voyons, dit-il au bout d’un instant, ne faisons pas une guerre de mots, venons au fait comme des hommes: que voulez-vous? –Je vais vous le dire repondit le comte.

XVII APReS LA BATAILLE Cuellar fumait nonchalamment sa cigarette; sa main gauche etait posee sur son long sabre dont l’extremite du trainoir du fourreau reposait sur le plancher; il y avait un laisser-aller charmant dans la facon dont il se tenait debout, a la porte du salon, laissant ses yeux errer au hasard avec une douceur feline et envoyant par la bouche et les narines, avec la beate sensualite d’un veritable degustateur, d’epaisses bouffees de fumee bleuatre. –Pardon, senores, dit-il, avant que d’aller plus loin, il est necessaire de bien nous entendre, je crois, permettez-moi de vous adresser une legere observation.

–Parlez, senor, repondit le comte. –Traitons, je le veux bien, je ne demande pas mieux meme; je suis un homme fort arrangeant comme vous le voyez, seulement n’exigez pas de moi de ces choses par dessus les maisons que je serais contraint de vous refuser, car, je n’ai pas besoin de vous dire que si vous etes decides, je ne le suis pas moins, et que tout en desirant une transaction avantageuse pour vous comme pour moi, ma foi, si vous etiez trop dur, je prefererais sauter avec vous, d’autant plus que j’ai le pressentiment que je finirai comme cela un jour ou l’autre et que je ne serais pas fache d’aller au diable en aussi bonne compagnie. Bien que ces paroles fussent prononcees d’un air souriant, le comte ne se trompa pas a l’expression resolue de l’homme auquel il avait affaire. –Oh! Senor dit-il, vous nous connaissez bien mal si vous nous supposez capables de vous demander des impossibilites, seulement comme notre position est bonne, nous en voulons profiter. –Et je vous approuve grandement, caballero, mais comme vous etes Francais et que vos compatriotes ne doutent de rien, j’ai cru de mon devoir de vous faire cette observation.

–Soyez convaincu, senor, repondit le comte en affectant la meme tranquillite que son interlocuteur, que nous n’exigerons que des conditions raisonnables. –Vous exigerez! reprit Cuellar en appuyant avec affectation sur drive-master.com ces deux mots. –Ma foi oui; ainsi nous ne vous obligerons pas a nous rendre l’hacienda, car nous savons que si vous en sortiez aujourd’hui, demain vous recommenceriez l’attaque. –Vous etes plein de penetration, senor; venez donc au fait, je vous prie.

–M’y voici, d’abord, vous nous rendrez les pauvres peones qui ont echappe au massacre. –Je n’y vois pas de difficulte. –Avec leurs armes, leurs chevaux et le peu qu’ils possedent. –Passe pour cela, ensuite.

–Don Andres de la Cruz, sa fille, le mayordomo, Leo Carral, mon ami, moi et toutes les femmes et les enfants refugies dans ce salon, nous serons libres de nous retirer ou cela nous plaira sans craindre d’etre inquietes.

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