–a quelque heure qu’il vous plaise de venir, monsieur, je serai toujours charme de vous recevoir,

Sur un signe de lui, l’huissier approcha un siege et se retira. Les deux personnages se saluerent de nouveau et s’assirent. –Maintenant je suis pret a vous entendre, dit l’ambassadeur; veuillez parler, je vous prie, monsieur le C.

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. –Je supplie votre Excellence, interrompit vivement don Jaime, de me permettre de garder l’incognito, meme vis-a-vis d’elle. –Soit, monsieur, je respecterai votre desir, reprit l’ambassadeur en s’inclinant. Don Jaime ouvrit son portefeuille, en retira un papier, et le presenta tout ouvert a l’ambassadeur. –Que votre Excellence, dit-il, daigne jeter les yeux sur cet ordre royal. L’ambassadeur prit le papier, et apres s’etre incline devant son visiteur, il commenca a le lire avec la plus serieuse attention; lorsque cette lecture fut terminee, il tendit le papier a don Jaime, qui le plia et le replaca dans son portefeuille. –C’est l’execution de cet ordre royal que vous exigez, caballero? dit l’ambassadeur. Don Jaime s’inclina. –Soit, reprit don Francisco Pacheco. Il se leva, alla a son bureau, ecrivit quelques mots sur une feuille de papier portant les armes d’Espagne et le timbre de l’ambassade, signa, apposa son cachet, et presentant le papier tout ouvert a don Jaime: –Voici, dit-il, une lettre pour Son Excellence le general Miramon; desirez-vous vous en charger, ou preferez-vous qu’elle soit envoyee par l’ambassade? –Je m’en chargerai, si votre Excellence y consent, repondit-il. L’ambassadeur plia la lettre, la placa sous enveloppe et la remit ensuite a don Jaime. –Je regrette, caballero, lui dit-il, de ne pouvoir vous donner d’autres preuves de mon desir de vous etre agreable. –J’ai l’honneur de prier votre Excellence d’agreer l’expression de ma vive reconnaissance, repondit don Jaime en s’inclinant respectueusement. –N’aurai-je donc pas le plaisir de vous revoir, caballero? –J’aurai l’honneur de venir presenter mes devoirs a votre Excellence.

L’ambassadeur toucha un timbre, l’huissier parut. Les deux personnages se saluerent ceremonieusement, et don Jaime se retira. XXXVII LE DERNIER COUP DE BOUTOIR Le lendemain, le soleil se leva radieux dans des flots d’or et de pourpre. Mexico etait en joie. La ville avait pris ses airs de fete, elle semblait revenue a ses beaux jours de calme et de tranquillite: toute la population etait dans les rues; cette foule bigarree se hatait avec des cris, des chants et des rires, vers le paseo de Bucareli. On entendait resonner les musiques militaires, les tambours et les clairons, dans des directions differentes. Des officiers d’etat-major, revetus d’uniformes ruisselants de broderies d’or et coiffes de chapeaux a plumes, galopaient ca et la pour porter des ordres. Les troupes quittaient les casernes et se dirigeaient vers le Paseo, ou elles se massaient de chaque cote de la grande avenue. L’artillerie prenait position devant la statue le site equestre du roi Charles IV, que les _leperos_ s’obstinent a confondre avec Fernando Cortez, et la cavalerie forte de onze cents hommes seulement, se rangeait sur l’Alameda.

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