A la porte de sa maison l’aventurier trouva lopez, parfaitement repose, qui l’attendait

Le peon avait servi un modeste diner a son maitre. –Quoi de nouveau? lui demanda don Jaime, en s’asseyant a table et en commencant a manger de bon appetit. –Pas grand chose, mi amo, repondit-il, il n’est venu qu’un capitaine aide-de-camp de Son Excellence le President. –Ah! fit don Jaime. –Le President vous prie de vous rendre au palais, a huit heures, il desire vous voir.

–J’irai; apres, tu n’as rien appris? Tu n’es donc pas sorti? –Pardonnez-moi, mi amo, je suis alle comme de coutume chez le barbier. –Et tu n’as rien entendu, la? –Deux choses seulement. –Voyons la premiere.

–Les Juaristes, dit-on, s’avancent a marche forcee sur la ciudad; ils ne sont plus qu’a trois journees d’ici, toujours d’apres ce qu’on rapporte. –Cette nouvelle est assez probable, l’ennemi doit en ce moment operer une concentration des ses troupes; apres? Lopez se mit a rire. –Pourquoi ris-tu, animal? lui demanda don Jaime. –C’est la seconde nouvelle que j’ai entendu raconter qui me fait rire, mi amo. –Elle est donc bien drole? –Dam, vous allez en juger: on dit que l’un des chefs les plus redoutables des guerilleros de don Benito JuArez, a ete ce matin trouve tue d’un coup de couteau, dans une salle du rancho del Palo Quemado. –Oh! Oh! fit ce site don Jaime en souriant a son tour; et raconte-t-on comment est arrive ce malheureux evenement? –Personne n’y comprend rien, mi amo, il paraitrait que ce colonel, car il etait colonel, avait ete battre l’estrade jusqu’au Palo Quemado, ou il s’etait arrete pour passer la nuit; des sentinelles avaient ete placees autour de l’habitation, pour veiller au salut de leur chef, personne, excepte deux cavaliers inconnus, ne s’etaient introduits dans le rancho; c’est apres le depart de ces deux cavaliers qui avaient eu une longue conversation avec le colonel, que celui-ci a ete trouve mort, dans la salle, d’un coup de couteau qui lui avait traverse le coeur; aussi, on suppose qu’une querelle s’etant elevee entre le colonel et les deux inconnus, ceux-ci l’auront tue, mais cet evenement s’est accompli avec tant de silence, que les soldats couches a quelques pas seulement, n’ont rien entendu. –Voila qui est singulier, en effet. –Il parait, mi amo, que ce colonel don Felipe Irzabal, tel etait son nom, etait un affreux brigand, sans foi ni loi, sur le compte duquel on raconte nombre d’atrocites. –Puisqu’il en est ainsi, mon cher Lopez, tout est pour le mieux, et nous n’avons plus a nous occuper de ce drole, dit don Jaime en se levant. –Oh! Il ira bien au diable sans nous.

–C’est probable, a moins qu’il n’y soit deja; dis-moi, je vais faire un tour de promenade par la ville en attendant huit heures; a dix heures du soir tu te trouveras a la porte du palais avec deux chevaux et des armes, au cas ou nous serions contraints de faire, comme la nuit passee, une promenade au clair de la lune. –Oui, mi amo, et je vous attendrai quelle que soit l’heure a laquelle vous sortirez. –Tu m’attendras, a moins que je ne te fasse prevenir que je n’ai pas besoin de toi.

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