A la paleur du capitaine, a ses yeux fatigues, on comprenait qu’il avait passe la nuit

–J’ai fait prevenir M. de Nancrais que j’avais besoin de tes services, dit-il a Belle-Rose; ta responsabilite de soldat est a couvert, et d’un jour a l’autre la prolongation de ton conge arrivera. Es-tu toujours pret a partir? –Toujours.

–Peut-etre y aura-t-il quelque danger, et je dois t’en prevenir. –Je regrette seulement que ces dangers ne soient pas certains.

M. d’Assonville leva ses beaux yeux sur Belle-Rose, et lui tendant la main:–Laisse la tristesse a ceux paris click qui n’esperent plus. Tu as vingt ans, Belle-Rose! vingt ans, l’age du plaisir! –Et vous trente, capitaine; trente ans, l’age des passions! –Tu crois? reprit le capitaine avec un sourire. Il me semble que j’ai le coeur eteint. –Un instant il garda le silence, puis il reprit:–Dieu est le maitre! Laissons cela et revenons a ton voyage. Voici trois lettres, mon ami. Elles contiennent chacune une part de ma vie. Retiens donc bien ce que je vais te dire. A ton arrivee a Paris, tu te logeras dans une rue voisine du Luxembourg. Vers le soir, tu te rendras dans la rue Cassette, au coin de la rue de Vaugirard, en ayant soin d’emporter avec toi la plus petite de ces trois lettres. Tu frapperas a une porte basse donnant sur une cour plantee d’arbres. Une petite maison vieille et de chetive apparence est sur le cote.

Au troisieme coup on t’ouvrira. Tu tireras la lettre et prieras la personne qui viendra de la remettre a Mlle Camille.

Retiens bien ce nom, car il n’est pas sur la lettre. Si on te repond qu’elle est partie, insiste alors pour qu’on la remette a son frere Cyprien. L’individu, quel qu’il soit, qui t’aura parle, prendra la lettre et tu te retireras, apres avoir eu soin d’ecrire ton nom et ton adresse sur l’enveloppe. –Bien.

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. Camille et Cyprien. –Si, apres trois jours, tu n’as pas recu de reponse, tu retourneras a la maison de la rue Cassette, et tu remettras a la meme personne une seconde lettre, celle-ci.

–Celle qui est plus grande que la premiere et moins que la troisieme? –Precisement. Tu attendras trois jours encore. Au bout de ces trois jours, si tu n’as vu ni valet ni billet, tu prendras la derniere lettre et la porteras comme les deux autres.

–Et je demanderai toujours Mlle Camille ou M. Cyprien, son frere? –Toujours; seulement, cette fois, tu ajouteras sur l’enveloppe ces mots: _Je pars dans vingt-quatre heures_. –Et partirai-je vraiment? –A moins que tu ne te plaises au sejour de Paris.

–Alors, je partirai. –Je ne crois pas.

Bien certainement, si l’on n’est pas venu, quelqu’un viendra te chercher apres la troisieme epitre.

–Mlle Camille ou M. Cyprien? –L’une ou l’autre, ou peut-etre l’une et l’autre, reprit M. d’Assonville avec un singulier sourire. Tu les suivras et tu feras exactement tout ce qu’ils te diront. –Mais a quoi les reconnaitrai-je? –A ces mots que Mlle Camille prononcera en t’abordant: _La Castillane attend_.

Peut-etre seras-tu prevenu par un billet ou ces mots se trouveront. Ce billet t’indiquera un rendez-vous et tu t’y rendras.

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