_sixieme soiree_ _git la plaine brune, etendue, rase

_ _Au bord, la trace du soleil parti stagne rouge. _ _Et le ciel s’eleve avec des courbes immenses de palmes, et des teintes citrines qui montent, qui montent et se nacrent de blanc, et se bleutent, se bleutent comme un ruban de blonde. Une etoile fichee la, minuscule, la tete d’une epingle, dans ce bleu lisse. _ _Miranda descend par la plaine. Droite et grele. Droite, en sa blouse lache a fermoirs de missel. Grele en ses hautes guetres qui sanglent. Droite et grele.

_ _Luisent les canons de son fusil, roses un peu du couchant, rouges un peu du sang des betes. Et se rose aussi la torsade la plus lointaine de sa chevelure massee, et se rose encore la brindille de houx qui retrousse sa toque large. _ _Les perdrix rappellent. _ _Par les sillons aigus comme des vagues, les grands chiens flairent. Gueules haletantes. Et leurs oreilles trainent sur le sol epile de moissons. _ _Le vent effleure les nappes illimitees de betteraves. Les betteraves frissonnent de leurs panaches verts et de leurs panaches mauves. Semblables a des piles d’ecus, les lointaines cheminees de fabriques. _ _Les perdrix rappellent.

_ _L’eglise du proche village leve au ciel sa tour de prieres, son clocher bleu. Son clocher assis sur les rondes cimes drive-master.com des pommiers et dans les feuilles tenues des saules. _ _Voici que des buees sourdent et rampent; des buees grises qui glissent au ras des eteules et des trefles.

L’ampleur du vide s’accroit. Le ciel se hausse et s’eteint. La nuit violette plane sur la plaine, plane et s’accroupit. Et les lueurs des fermes transparaissent a peine suspendues parmi les brumes denses: des taches d’or. _ _Par les sillons aigus comme des vagues, les grands chiens flairent. Et leurs flancs roulent aux sursauts de l’infatigable course. _ _Les perdrix rappellent. _ _Dans l’ombre rousse de la salle ou les murs se perdent, rien que les torses des hermes, cariatides de la cheminee profonde, rougeoyent au feu des buches.

La flamme danse et petille. La flamme danse, et son ombre jaune sur la tete pensive des chiens allonges. _ _Miranda se repose toute mince dans l’antique fauteuil aux fleurages defunts. Et saillent ses jambes rondes croisees dans la courte jupe de velours sombre. Sa chevelure denouee inonde de paleur les paleurs exsangues de sa face serieuse.

Trop petite dans le fauteuil trop grand; trop blanche dans le fauteuil use. _ _Pour un sourire de sa memoire, ses levres rosatres s’etirent. Et la flamme qui se tend jusqu’a elle leche ses yeux obscurs d’ombres flambantes. _ OEIL-CHINOIS Apres le diner, on s’installa pour prendre le cafe dans le jardin, sous des berceaux de capucines.

Il y avait la, autour de la maitresse de ceans, la delicieuse Blanche d’etanges, Leonie Clauss avec sa face blafarde de pierrot vicieux et Julia Lebreton, une brune massive, au regard tetu.

Cavaliers: Hanser, le financier obese, le jeune de Tretel, et le fameux reporter Gros-Renaud. La nuit etait tombee douce et susurrante sur la Seine dont le cours fuyait, imperceptible, sous le pont instantanement ebranle par le passage du train de Paris.

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